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Une marque de fabrique :
Entre insolence et provocation 
 

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  A dix huit ans, Daniela surfe déjà sur la vague des radios libres. Elle présente sa propre émission sur RadioShow, puis rejoint la toute jeune NRJ en 1982. Elle y présente les flashs infos. La nouvelle station n’étant pas encore abonnée à l’AFP, Daniela "espionne "les flashes de France-Inter et les sert réchauffés aux auditeurs !
Le souffle libertaire qui rafraîchit les ondes de France, Daniela le fait sien. En 1983, elle crée Canal 5, une chaîne câblée non autorisée, avec son compagnon, l’avocat Jean-Louis Bessis. Daniela et sa meilleure amie d’enfance, Leyla, peignent à la main les décors de cette "chaîne pirate ". La Haute Commission, alors dirigée par Michèle Cotta, saisit la chaîne qui doit finalement cesser d’émettre. "Son antenne existe encore, sur le toit du Sofitel du front de Seine, comme le vestige d’une utopie ", déclarera Daniela, avec une certaine nostalgie, dans son livre, quinze années plus tard. Si cette aventure la conduit en correctionnelle, elle bénéficiera d'un non lieu ce qui n’éteint pas pour autant son désir de passer entre les mailles du filet…


  L’année suivante, Daniela cherche le moyen de décrocher une émission sur France Inter. Sort alors sur grand écran le nouveau film d’Elie Chouraqui, Qu’est-ce qui fait courir David ?, avec André Dussolier. Culottée, elle appelle l’agence Artmédia pour prendre contact avec l’acteur en se faisant passer pour une protégée de Marie-France Brière. Sa débrouille fonctionne ! L’interview de Dussolier peut avoir lieu. Pendant huit mois, la jeune femme va travailler sur cette bande en fabriquant une quinzaine de versions différentes. Puis, elle finit par envoyer une maquette à Jean Garretto, directeur de France Inter, qui lui propose de la rencontrer. Grâce à un subterfuge, Daniela parvient à animer sa propre émission dans L’oreille en coin, durant sept ans.


Mais la télévision, après l’épopée Canal 5, l’attire encore plus. En décembre 1985, elle rencontre Patrice Drevet à l’occasion d’un reportage pour France Inter. Ce dernier anime alors Le Mini Journal sur TF1 et lui propose de rejoindre son équipe… Voilà Mademoiselle Lumbroso dans la petite lucarne tout en continuant ses reportages pour la radio.
Son style se veut provocateur, candido-insolent. Elle est bien résolue à se tailler une place à la télé.


  Après Le mini journal, elle fabrique de brûlants reportages pour Super Sexy, Coco Paradise et pose des questions saugrenues dans La lorgnette de Jacques Martin. Dans cette émission, Daniela demande leurs noms aux stars de l’époque, feignant de ne pas les connaître ! Les réactions ne sont pas toujours prévisibles. Certains dinosaures le prennent très mal. Elle s’introduit à Matignon en prétendant apporter une lettre à un chargé de mission du Premier Ministre et en profite pour filmer son bureau. Elle s’immisce aux Oscars de la mode, avec du fil et une aiguille et demande aux grands couturiers de lui recoudre un ridicule petit bouton en forme de canard. Un canard placé juste au dessus d’un décolleté plutôt déstabilisant…

 

Son impertinence paie. En 1987, Pascale Breugnot la veut dans Pirates, de Bernard Bouthier sur TF1. Daniela drague Léon Zitrone devant les caméras, casse des œufs sur le parquet de Jean-Edern Hallier… Elle fouillera également les poches de ce dernier dans un entretien plutôt "rapproché", allant jusqu’à passer sa main dans sa chemise ou se mettre à genoux pour fouiller dans ses chaussettes. Tirant sur sa clope, l’écrivain gêné, surtout lorsqu’elle en arrive au pantalon, finira par lui dire "que son petit oiseau n’est pas une mésange… "Sur sa lancée, Daniela explore le domicile de Roger Hanin qui se laisse prendre au jeu. Daniela va jusqu’à faire ses poubelles lire les souches de son chequier et à l’interroger à propos de ses dépenses ou des objets qu’elle découvre. Dans " Pirates ", elle partage la vedette avec Christine Bravo, Mireille Dumas, Leslie Bedos ou encore Patrick Bouchitey.

   

  Mais voilà : il lui fallait assouvir un autre fantasme ! En 1988, Daniela Lumbroso devient, l’espace d’un disque, Coco Boer, un pseudonyme qui rappelle les bonbons acidulés du même nom, ceux dont parle Renaud dans Mistral Gagnant, «  ces cocos boer qui    et nous niquait les dents, et les mistrals gagnants… ; » Le titre, C’qu’est con, riguediguedon , est sexy et fantaisiste. C’est une parodie de ce que chantent les filles des années 80 signée des deux auteurs de oh mon bateau, tube d’Eric Morena : Alexandre Desplat et Robin Katz
 "Reste pas planté là, prends moi dans tes bras, serre moi très très fort, souffle pas comme un porc ! Dis des mots gentils, encore et encore ! Mieux que ça, j’y crois pas, embrasse moi ! Give me more !... " Ce disque lui aura au moins permis de réaliser l’un de ses vœux les plus chers : pousser la chansonnette "pour de vrai "dans des émissions de variétés.

   
 

Les années 80 s’achèvent et Coco Boer range sa robe à volants et ses décolletés affriolants. Daniela ne continue pas moins ses frasques cathodiques. Là voici reporter pour le 13 heures de Mourousi, chroniqueuse chez Michel Denisot sur Canal +.

   

  Après avoir accouché de sa première fille, Lola, Daniela produit aussi sa première émission, Face cachée, sur Antenne 2, en prime time. Ce mélange d’information et de divertissement, très original à l’époque a pour parrains Roger Hanin, Yannick Noah et Claude Brasseur, qui acceptent de se soumettre au jeu de l’invité mystère, fil rouge de Face cachée. Daniela commence donc les années 90 en beauté !