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UN VIRAGE A 90°
Du karaoké au journal de 13H 
 

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  Bien avant "La fureur" d'Arthur, La machine à chanter a amené le karaoké en France. Cet écran témoin, sur lequel défilent le clip et les paroles d'une chanson, était presque inconnu alors, tandis que le Japon en raffolait depuis déjà bien longtemps. Kara signifie vide, Oké est l'abréviation d'orchestre, autrement dit orchestre vide, orchestre sans chanteur. Lorsqu’elle travaillait encore à France Inter dans l’Oreille en coin, Daniela avait senti que ce « serait un formidable outil pour créer une émission de variétés différente, familiale. ». Le karaoké reflète sa nostalgie des Carpentier. Daniela a elle même soumis ce projet original d'émission de variétés à Marie-France Brière.

  Pour celle qui se considère comme une « chanteuse ratée », c’est un vrai rêve ! De juillet à septembre 1992, le samedi en fin d'après-midi, Daniela pousse la chansonnette aux côtés de Gérard Holtz et de l'ex roi du smurf, Sidney. Et pour renforcer la crédibilité de l’émission, le tournage se déroule dans un « vrai » bar karaoké, le New York- New York Studio à l’ambiance noir et rouge, avec de petites tables conviviales. Hommes politiques, sportifs, comédiens, animateurs, nul ne sera épargné.


  Quelques années plus tard, le "prêt à chanter" deviendra un véritable phénomène de société! Daniela le décrit même comme « un phénomène social important qui commence à tourner au raz de marée dans l’Hexagone. ».



  En septembre suivant, Daniela veut retrouver sa casquette de journaliste et laisser les paillettes de côté, au moins pour un temps. Alain Denvers, le directeur de l’information de France 2, lui propose de présenter le journal de 13 heures.



 

Des essais ont lieu en catimini dans une rue discrète du 15° arrondissement. Les tests étant concluants, Daniela est engagée. A l’époque, elle anime encore la Machine à Chanter. On lui demande donc de laisser un peu de temps avant de réapparaître à l’antenne… Mais des syndicats de la chaîne s’opposent farouchement à sa nomination. Pour eux il n’est pas question de voir leurs reportages présentés par quelqu’un qui a fait des émissions de divertissement.

  
  Daniela a beau faire valoir ses reportages dans les années 80, et sa carte de presse numéro 72 306, rien n’y fait. Pour faire ses preuves, elle devra accepter d’intégrer le service société et de diviser son salaire de l’époque par 10 !
En 1993, c’est dans Télématin qu’elle s’exercera à la présentation du JT. C’est alors qu’elle décide d’avoir un autre enfant et tombe enceinte de sa deuxième fille, Flora. La grossesse est plus difficile. Son médecin lui conseille de faire une pause. Elle refuse. Cet été là, Daniela parvient à co-présenter le journal de 13 heures, avec Gérard Morin. Pendant un mois, elle sera « la remplaçante des vacances ». En septembre, elle doit comme convenu céder sa place.

   

  Dans le même temps Daniela participe à des émissions de la chaîne. Magazines de soutien pour le Téléthon, l’ AICF (Association contre la faim dans le monde), le Sida Urgence ou des émissions plus « légères » comme Un pour tous, Que le Meilleur Gagne, Zapper n’est pas jouer, Double Jeu, La Soirée de la Francovision, les Sept d’or et Yacapa.

   
  Daniela s’associe alors à Patrice Drevet, Sophie Pignal, Jean Le Berre, Jackie Seguin. Elle présente Le Magazine de l’emploi. Chaque samedi matin, elle a ainsi pour mission de venir en aide aux chômeurs en leur proposant différents reportages qui les concernent. « Le magazine de l’emploi, c’est une véritable émission de service public », clame-t-elle alors. Elle veut en faire une émission paradoxalement attractive. Hervé Bourges n’est pas trop décidé à tenter l’aventure. Il a beaucoup de mal à trouver une case pour le programme. L’horaire du magazine reste extrêmement confidentiel. Elle l’estime « mal programmé le samedi, rare jour où les chômeurs retrouvent une identité normale. » En janvier 1994, un nouveau Président succède à Hervé Bourges à la tête de France Télévision. Il s’agit de Jean-Pierre Elkabbach.

   
  Pendant son congé de maternité, Elkabbach choisit de remplacer Daniela par Véronique Augier, à la présentation du Magazine de l’emploi !
Mettre au chômage la présentatrice en couches d’un magazine contre le chômage est un comble ! Une partie de l’équipe du magazine lui apporte son soutien. Daniela est forcée de reprendre l’antenne quinze jours après la naissance de la petite Flora. Elle déplore la trop petite place faite aux femmes à la télévision et les préjugés machistes des programmateurs.
Jean-Luc Mano, nouveau directeur de la rédaction de France 2 prépare une soirée débat sur le CIP. Il propose à Daniela de l’animer aux côtés de Michel Field. Elle accepte. Mais voilà, qu’en l’attente d’une seconde réunion de préparation, on lui annonce qu’Elkabbach ne veut pas d’elle pour présenter l’émission. Si elle parvient à rester à l’antenne jusqu’au mois de juin suivant, elle doit se rendre à l’évidence : elle ne sera pas sur la grille de septembre
Louis Bériot, le directeur des programmes sous Elkabbach, lui rétorque même qu’ « elle n’est pas assez vulgaire pour faire de la télé » ! Exit Le magazine de l’emploi ! Daniela quitte France 2 pour l’ANPE. Deux mois plus tard, elle reçoit un coup de fil de Paul Nahon alors à la tête d’envoyé spécial, qui lui annonce que le directeur de la rédaction de LCI cherche à la joindre. « Je lui ai donné ton numéro de téléphone » lui dit il.